Trois jours et plus rien n'est pareil !
Messe en mémoire de la Cène du Seigneur (jeudi saint)
Cette semaine sainte dans laquelle nous sommes entrés est l'occasion pour nous de réfléchir non seulement sur ce que Jésus a dû souffrir au cours des dernières heures de sa vie, mais de le redécouvrir : qui il est et sur le sens de son ministère.
L'évangile qui nous est proposé est celui de Jean où il n'est pas question de l'institution de l'eucharistie mais plutôt d'un exemple de service que Jésus donne aux siens : il prend la posture du serviteur et lave les pieds des siens. Seul Jean ne mentionne pas le repas de la Cène alors que les autres évangiles synoptiques le font. Jean insiste plutôt sur cet aspect fondamental du ministère de Jésus : être au service de nos frères et de nos sœurs. Voilà l'engagement suprême : le service mutuel.
Le rappel du mémorial eucharistique nous le trouvons dans l'extrait de la lettre de Paul aux Corinthiens. Paul sent le besoin de faire le point sur leur conduite dans une communauté marquée par la division. Il rappelle à ses auditeurs que l'Alliance conclue par le sang du Christ, celui d'une vie donnée, rassemble et réunie. À deux reprises il insistera sur les paroles de Jésus : "faite cela en mémoire de moi". Le mémorial a un sens puissant : il nous fait revivre de manière intense le don entier de la vie de Jésus.
De la nouvelle alliance en Jésus, le peuple juif auquel appartient Jésus se souvient, lui, dans les jours où surviennent ces événements, de ce que Dieu a fait pour libérer son peuple de l'esclavage et de l'asservissement. Le psalmiste propose une chant d'action de grâce : "comment rendrais-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ?" Le peuple a fait l'expérience d'un Dieu libérateur : il est passé de la servitude au service !
Enfin, la lecture du livre de l'Exode qui nous est suggérée pour cette célébration peut nous surprendre à première vue. Dans le pays d'Égypte, les déportés n'ont pas de propriété qui leur appartienne ; et quand ils quitteront pour marcher au désert, ces nomades n'auront que des tentes comme abris. Pourquoi alors le texte parle-t-il de marquer le "linteau des maisons" du sang de la bête offerte en sacrifice ? Ça donne à penser que ce texte n'aurait pas été écrit au temps de Moïse (1200 av. J-C) mais de manière plus récente (vers 500 av. J-C) pour un contexte liturgique : celui du mémorial de la grande libération. En relisant l'aventure du peuple d'Israël, on comprend bien qu'il subsiste encore aujourd'hui d'autres formes d'esclavage dans notre monde : la guerre, la faim, la pauvreté, l'exclusion, pour ne nommer que ces formes.
Pour nous chrétiennes et chrétiens du XXIe siècle, ces jours saints sont l'opportunité de revisiter notre manière de vivre notre foi, de l'incarner dans le quotidien de nos vies. Comme Jésus l'a fait tout au long de son ministère, il nous est proposé de le suivre en adoptant la tenue de service : pas seulement l'habit matériel, mais celui du cœur. Mon ami Robert Lebel, dans un de ses textes de chansons le plus connu, nous le résume bien : comme lui !
† Yves
LECTURES POUR LA MESSE
Première lecture : Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14)
Psaume : (115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18) R/ La coupe de bénédiction est communion au sang du Christ.
Deuxième lecture : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur » (1 Co 11, 23-26)
Évangile : « Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)
La messe aura lieu le jeudi 2 avril à 19h à la salle à manger de la résidence Le Cousineau, 7 000 boul. Cousineau, St-Hubert. Elle sera présidée par Mgr Yves Samson, évêque de l'Église chrétienne catholique traditionnelle. Bienvenue à tous !