Le carême 2026: un chemin vers le renouveau
Chers frères et sœurs, Le Carême 2025 est une période sacrée de quarante jours, un voyage de réflexion, de pénitence et de renouveau spirituel qui nous prépare à la joie de Pâques. Au sein de l'Église Chrétienne Catholique Traditionnelle, nous vous invitons à marcher avec nous sur ce chemin, à approfondir votre foi et à découvrir la paix intérieure. Que ce temps de Carême soit pour chacun une occasion de croissance spirituelle et de rapprochement avec Dieu.
Message à l'occasion du début du carême 2026.
Ce mercredi qu'on appelle le "mercredi des cendres" ouvre cette période de 40 jours où nous suivrons Jésus au cœur de son ministère public qui va susciter bien des vagues. Plusieurs entrent en carême par habitude : je vais me priver de ceci, laisser ceci de côté ... autant de décisions ou de choix qui, parfois, n'impliquent pas tant une vraie conversion de tout notre être. Au lieu d'arrêter de faire des choses, commençons plutôt à poser des gestes qui vont nous engager sur le chemin de la relation à l'autre / Autre.
La beauté de ce jour et le réchauffement de la température nous font déjà espérer le printemps à venir. Et, pour celles et ceux d'entre nous qui aiment cultiver le terre, les projets de semences sont déjà en cours. J'aime le verbe cultiver ; il entraîne dans son sillage plusieurs actions : semer, prendre soin, arroser, fleurir, désherber ... et à l'automne récolter.
Si cela est vrai pour la terre qui nous nourrit, ça peut aussi s'appliquer à notre vie spirituelle et religieuse. Cultiver nos relations humaines, notre vivre ensemble, notre présence à l'autre : c'est un art. Ce temps de carême peut être le moment pour nous de creuser des sillons dans la terre de nos cœurs pour y semer les valeurs de l'Évangile qui y prendront racines, germeront, pousseront et donneront des fruits. Si on arrivait au jour de Pâques avec un cœur débordant d'amour ? L'amour de Dieu pour nous que nous faisons rejaillir sur celles et ceux qui nous entourent.
Ce 40 jours est une période privilégiée pour faire le bilan de notre relation à Dieu et aux autres. Réaliser que la prière est bien plus que des mots à réciter mais la pratique d'une relation avec le Dieu de ma foi. C'est un dialogue ouvert, à entretenir. Un moment de rencontre.
Au fil des jours qui viennent, puissions-nous prendre le temps de nous resituer dans la relation d'Alliance que nous avons avec Dieu.
† Yves
Réflexion sur les textes du premier dimanche du carême (A).
La liberté de choisir : la confiance ou le soupçon
Les textes de ce premier dimanche du carême ont pour thème central le choix que nous devons faire : celui d’être en confiance avec Dieu ou celui de la méfiance.
Dans la fable du récit de la tentation d’Adam et Ève au jardin d’Éden, c’est bien de cela dont il est question. Le rédacteur du livre de la Genèse présente le tentateur sous la forme d’un serpent. Le peuple d’Israël sait bien la menace que représente les serpents dont ils ont fait l’expérience au désert. On comprend bien que pour lui, il y a un poison encore plus terrible que celui du serpent : celui de la méfiance ou du détournement de Dieu et de l’Alliance. Vous aurez bien compris que le rédacteur de ce texte n’a pas la prétention d’agir en historien. Au final, ce texte nous interpelle sur le bien et le mal : qu’est-ce qui est bien ou mal pour moi ? Pour le cœur du croyant, le bien réside dans la confiance en la bienveillance de Dieu pour l’humanité.
Dans sa lettre aux romains, Paul utilise le mot règne pour parler de ce choix que nous sommes appelés à faire : qu’est-ce qui règne en moi ? Vous et moi, même remplis de toute notre bonne volonté, devons bien admettre que certains jours nous nous situons du côté de ce Adam soupçonneux quand nous doutons de Dieu ou quand nous nous estimons capable de tout par nous-mêmes ; à d’autres moments, nous sommes frères et sœurs du Christ quand nos comportements, nos décisions, nos paroles, sont alignés avec l’appel de l’Évangile.
Et Mathieu introduit le ministère public de Jésus par ce temps passé à l’écart au désert. Un temps de préparation, semblable à ce temps de carême que nous vivons. C’est l’Esprit qui conduit Jésus au désert, ce même Esprit qui s’est manifesté au jour de son baptême dans les eaux du Jourdain avec le Baptiste. Ce passage met en relief que Jésus n’est pas différent des siens : comme son peuple, il fait l’expérience du désert ; comme eux, il a faim ; comme eux, il doit choisir devant qui se prosterner. Or, ce n’est pas un serpent qui entre en scène ; le texte de Mathieu présente un personnage à 3 rôles qui va entrer en dialogue avec Jésus : le tentateur, le diable et satan. Le premier fait miroiter des illusions ; le second est celui qui veut le faire trébucher et le dernier est celui qui divise, qui sépare. Bien ancré dans sa foi, Jésus lui tient tête et reprend à son compte des paroles du livre du Deutéronome pour chacune de ses réponses.
Qu’en est-il pour nous ? Tout n’est pas perdu, loin de là. En tout temps, il nous suffit de faire confiance à Dieu et de compter sur sa miséricorde. Avoir l’humilité de reconnaître que nous avons besoin de Dieu. C’est précisément le sens des premiers mots du psaume de ce dimanche : pitié pour moi mon Dieu, dans ton amour. Il faut comprendre que dans le langage biblique, le mot pitié ne signifie pas être pitoyable ou digne de dédain (faire pitié à voir), mais plutôt l’incommensurable amour et bonté de Dieu pour nous. Si Dieu est capable de cette compassion et de cet amour qui dépasse toute compréhension et toute intelligence humaines, profitons de ce temps de carême pour nous exercer nous aussi, là où nous vivons, à faire le choix de la confiance en Dieu et à vivre quotidiennement cet amour.
†Yves
Lectures de la messe
Première lecture : Création et péché de nos premiers parents (Gn 2, 7-9 ; 3, 1-7a)
Psaume : (Ps 50 (51), 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17) R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché !
Deuxième lecture: « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 12-19)
Évangile : Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté (Mt 4, 1-11)
En raison de la présence du virus de la gastro dans les murs de la résidence Le Cousineau, il n'y aura pas de messe ce samedi 21 février 2026.
Merci de garder les résidents et les membres du personnel dans vos prières.
Réflexion sur les textes de ce 2e dimanche du carême (A)
L’Heure du grand départ !
Les textes bibliques de ce 2e dimanche du Carême nous proposent 3 attitudes à adopter pour notre vie spirituelle et de foi : la confiance, la persévérance et la capacité d’écouter.
À Abram, le Seigneur lance l’invitation à quitter sa zone de confort comme on le dirait aujourd’hui et à se mettre en route pour une destination qu’il ne sait pas encore. Sans hésiter, Abram se met en route. C’est le premier acte de l’aventure de la foi. Et pourquoi agit-il ainsi ? Parce qu’il est croyant et parce qu’il a confiance. Dans sa foi, Abram est convaincu que le projet de Dieu pour l’humanité c’est le bonheur.
Dans sa lettre à Timothée, Paul invite se dernier à tenir bon malgré toutes les difficultés et l’adversité qu’il rencontrera sur son chemin. Il lui rappelle que Dieu nous a sauvés, c’est-à-dire qu’il nous a libérés de nos esclavages. Quand il fait référence à l’Évangile, Paul ne parle pas des 4 textes que nous appelons les évangiles mais bien de cette « Bonne nouvelle », le projet de bonheur de Dieu pour l’humanité. Il nous veut libre. Une délivrance qui va même au-delà de la mort biologique, physique : il y a avec Dieu une vie encore plus durable. Dans la préface de la messe des funérailles, nous l’évoquons : pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée.
Et dans le récit de la transfiguration qui nous est proposé cette semaine, voilà que le rédacteur du texte mathéen confirme que Jésus est bel et bien le Messie attendu. L’action se passe sur une haute montagne en présence de Moïse de d’Élie : c’est sur une montagne que Moïse a reçu la Loi du Seigneur et c’est aussi sur une montagne qu’Élie fera l’expérience de la tendresse de Dieu. La voix que Jésus avait entendu au jour de son baptême se fait maintenant entendre des autres. Les mots sont sans équivoque : mon Fils, un terme synonyme de roi mais pas un roi à la manière des hommes, mais bien comme l’indique le chant du serviteur d’Isaïe ; si dès le début de l’Alliance, le Seigneur adresse ces premiers à son peuple : « écoute Israël », il en va de la même manière pour les disciples qui suivent Jésus : « écoutez-le ».
En cette deuxième semaine de notre marche vers Pâques, nous sommes invités à revisiter notre capacité à faire confiance à Dieu. À travers tout ce que nous avons vécu jusqu’à ce jour, nous avons persévéré et porté notre part de souffrances : avons-nous gardé bien vibrante et vivante cette invitation qui nous est faite d’annoncer la Bonne Nouvelle autour de nous ? Et dans le tumulte et les bruits du monde, sommes-nous capables d’entendre la voix de Dieu et de nous mettre à son écoute ?
†Yves
Lectures de la messe
Première lecture : Vocation d’Abraham, père du peuple de Dieu (Gn 12, 1-4a)
Psaume : (Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22) R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi !
Deuxième lecture : Dieu nous appelle et nous éclaire (2 Tm 1, 8b-10)
Évangile : « Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)
La célébration de l'eucharistie aura lieu ce samedi 28 février à 19h, à la salle à manger de la résidence Le Cousineau.
Les restrictions sanitaires sont maintenant levées.
Bienvenue à tous.
Réflexion sur les textes de ce 3e dimanche de carême (A)
« à moi, une samaritaine ? »
Il y a parfois dans nos vies de belles synchronicités et cette fin de semaine nous en fait la démonstration : pendant que la société civile célèbre la journée internationale des droits des femmes (8 mars), la liturgie de ce dimanche nous propose cette rencontre inopinée entre Jésus et une femme, en plein soleil de midi, au puit de Samarie. Cette année, alors que la Journée internationale des droits des femmes est placée sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », la pleine participation démocratique des femmes devrait donc figurer en tête des priorités politiques locales et régionales, peut-on lire sur internet. Et voilà que Jésus brise la norme de conduite à deux égards : lui, un homme, s’adresse à une femme et une étrangère de surcroît ; lui, le juif, ose parler à une samaritaine.
Regardons-y de plus près. Jésus brise la convention sociale voulant qu’on n’enseigne pas aux femmes. Ce sont aux hommes que sont normalement dispensés les enseignements. Les lettres de Paul ont souvent pour destinataires des hommes. Jésus rompt avec la coutume : il enseigne aux femmes. À Marthe et à Marie sa sœur, à Myriam de Magdala (Marie-Madeleine), à cette samaritaine du récit de l’évangile de ce jour. Cette manière de faire détonne par rapport aux coutumes familières de son temps. Au matin même de la résurrection que nous vivrons bientôt, ce sont deux femmes qui sont les premières témoins du ressuscité et les deux premières à être envoyées en mission : « allez dire à mes frères que je les attends là-bas, en Galilée ».
Il brise aussi une autre convention : les juifs et les samaritains n’entretiennent pas de bon rapport entre eux. Habituellement, ils ne s’adressent pas la parole. On peut donc comprendre le double étonnement de la samaritaine (dont on ne connaît pas le nom) qui voit Jésus s’intéresser à elle. Que peut-il bien vouloir nous enseigner ?
Je suis d’avis que si l’identité de cette samaritaine n’est pas divulguée, c’est que la manière de faire de Jésus dépasse cet événement singulier et doit nous faire réaliser qu’il resitue la femme dans l’univers des relations sociales. Voilà qui pourrait fournir aux croyantes et croyants une clé de lecture que nous pourrions qualifier de féministe du ministère de Jésus.
Il m’apparaît étonnant de voir comment les femmes ont joué un rôle important dans le ministère de Jésus et comment, dans certaines traditions chrétiennes, ont les tient encore aujourd’hui à l’écart du ministère en Église. Fort heureusement, l’Esprit a soufflé dans certaines Églises : chez les anglicans, les luthériens, les presbytériens, les vieux-catholiques, dans l’Église Unie du Canada (pour ne nommer que celles-ci), où les femmes peuvent aujourd’hui s’engager dans un ministère ordonné. Même chez nos frères et sœurs de traditions judaïques, on assiste aujourd’hui à la montée des femmes occupant le ministère de rabbin. Un mouvement semblable semble aussi concerné la communauté musulmane.
Tant qu’à transgresser les conventions, Jésus lance cette phrase qui fait voler en éclat ce que nous appelons de nos jours, la guerre de clocher : « L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ». Juifs et samaritains rivalisaient entre eux sur le lieu du vrai temple où adorer Dieu. Jésus brise les préjugés : la rencontre et / ou la recherche de Dieu ne se fait plus dans un temple de pierres extérieur ; elle se trouve dans ce puit qu’est chaque être humain, homme ou femme, aspirant à une vie heureuse, à nous accueillir tels que nous sommes sous le regard bienveillant de Dieu.
†Yves
Lectures de la messe
Première lecture : « Donne-nous de l’eau à boire » (Ex 17, 3-7)
Psaume : (Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9) R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur !
Deuxième lecture : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 1-2.5-8)
Évangile : « Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-42)