Réflexion sur les textes de la liturgie que nous lirons à l'occasion de ce 2e dimanche de Pâques.

« Le premier jour de la semaine »

Dans la foulée de l’événement de la résurrection, ce n’est plus le jour du sabbat qui aura de l’importance aux yeux de la première communauté de croyantes et de croyants mais bien ce jour désigné dans les textes comme étant « le premier jour de la semaine ». Et ce jour est le dimanche. Voilà qui explique ce passage entre la tradition juive et la tradition chrétienne. Et vous remarquerez qu’on parle du 2e dimanche de Pâques et non pas 2e dimanche après Pâques : pour la tradition chrétienne, c’est Pâques à chaque dimanche.

Le rédacteur de l’Évangile de Jean raconte une des rencontres du Ressuscité avec les siens. Jésus leur adresse une salutation à la manière juive : « La paix soit avec vous ». Puis toute suite après il leur confie une mission : celle d’annoncer au monde l’amour bienveillant et miséricordieux de Dieu. Il y a cette phrase où il est question de remettre ou de maintenir les péchés. Qu’elle est la racine du péché ? Celle de ne pas croire en l’amour de Dieu. En tant que disciples du Christ, nous avons le mandat par l’exemple de notre vie, le témoignage vivant de notre foi, de faire connaître aux autres cet amour de Dieu pour l’humanité. Si nous ne le faisons pas, c’est notre inaction qui garde, qui maintient le péché de l’autre.

Pierre, un des contemporains de Jésus, insiste dans l’extrait de sa lettre que nous lisons ce dimanche sur deux thèmes : la foi (le mot reviendra à au moins 5 reprises en quelques versets) et la joie. La foi qui nous fait découvrir et tenir bon dans la grande miséricorde de Dieu ne peut que susciter la joie dans notre cœur et notre vie. Sommes des chrétiennes et des chrétiens joyeux ? Notre joie est-elle contagieuse ?

Le psaume 117, psaume de louange, écrit jadis pour faire mémoire de l’œuvre de Dieu en faveur de son peuple peut aussi être relu à la lumière de la résurrection du Christ. La fête des tentes de la tradition judaïque et l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem s’apparentent en termes de signification. « Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !»

Enfin, la première lecture tirée des Actes des apôtres, nous dresse un portrait – peut-être un peu idyllique – de la vie des premières communautés. Mais quel message Luc veut-il nous livrer ? Que tout allait très bien dans les premières communautés et que la vie se déroulait sans heurt ? Je ne pense pas que ce soit le cas, ni son objectif véritable. Luc rappelle ce qui est au fondement même de la vie communautaire : être assidu à l’enseignement ; vivre dans l’émerveillement de ce que Dieu fait pour l’humanité ; vivre ensemble ; rompre le pain « avec allégresse » (le fameux thème de la joie dont parle Pierre) ; et prier tous ensemble.

Au final, on réalise assez vite que Jésus ressuscité ne profite pas de sa présence pour régler ses comptes avec les siens qui l’ont trahi, renié ou qui ont fui à cause de la peur. Loin de là : le tout débute par une salutation et non par un reproche. Il incarne lui-même la miséricorde de Dieu, la tendresse de ce Père dont il a parlé aux siens. Et 2000 ans plus tard, nous pouvons nous sentir concernés par cette parole qu’il adresse aux siens : heureux qui croit sans avoir vu !

Dans un monde en proie à la haine, la guerre et la montée de la violence, c’est à nous qu’il revient de nous laisser toucher par la miséricorde de Dieu et de tenter d’aimer, en retour, d’un amour qui peut dépasser toute intelligence et toute compréhension humaine. Que notre joie se reflète sur nos visages et attirent celles et ceux qui cherchent encore un signe de la présence de Dieu dans notre monde. Soyons nous-même branchés sur ce Dieu source de paix, de joie et de vie et rayonnons de son amour ! Que chaque rencontre soit l'occasion du premier jour.

†Yves

Lectures de la messe

Première lecture : « Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun » (Ac 2, 42-47)

Psaume : (Ps 117 (118), 2-4, 13-15b, 22-24) R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !

Deuxième lecture : « Il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts » (1 P 1, 3-9)

Évangile : « Huit jours plus tard, Jésus vient » (Jn 20, 19-31)

La célébration de l'eucharistie aura lieu le samedi 11 avril à 19h, à la salle à manger de la résidence Le Cousineau, 7 000 boul. Cousineau à St-Hubert.

Elle sera présidée par Mgr Yves Samson, évêque de l'Église chrétienne catholique traditionnelle.

Bienvenue à tous !